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La conservation de l'eau et des sols au nord du Nigeria

Research reports

  • A la suite d'une étude générale des mesures et des stratégies suivies pour la CES au niveau national, des études de cas de régions très différentes les unes des autres de la zone centre-nord du Nigeria ont été commissionnées dans le cadre d'un projet concernant l'Afrique financé par le DFID. Au Nigeria, le gouvernement est peu impliqué dans la CES. Ce pays possède une diversité écologique et ethnique considérable, sans parler de conditions économiques atypiques, telles qu'un commerce très développé des produits de base entre les zones rurales et les zones urbaines. Les ONG qui montrent un intérêt pour la CES n'opèrent pas en général au Nigeria.
  • Il a semblé par conséquent intéressant de se concentrer sur les systèmes de CES, traditionnels ou innovateurs, pratiqués par les populations locales et sur lesquels nous avons peu de renseignements. Deux études de cas concernant l'utilisation par les agriculteurs de l'humidité résiduelle des sols pour les cultures furent mises en oeuvre, l'une dans la région de Pambeguwa, à l'est de Kaduna, et l'autre dans une zone rocailleuse près de Pankshin, au sud-est du Plateau de Jos. Les systèmes pratiqués dans ces deux régions n'avaient fait l'objet d'aucune description jusqu'à présent.
  • Les agriculteurs de la région de Pambeguwa ont mis au point au cours du temps une méthode pour exploiter l'humidité résiduelle des sols (HRS) présente dans les billons édifiés pour la culture en sec de certains produits de base afin de pouvoir pratiquer le maraîchage non irrigué. Cette technique permet aux cultivateurs d'exploiter un créneau disponible sur le marché des produits agricoles entre les produits de la saison sèche et ceux de la saison des pluies. Cette méthode semble avoir été mise au point il y a une dizaine d'années et s'est bien répandue dans toute la région.
  • La zone d'inselbergs se trouvant près de Pankshin est souvent exclue des cartes indiquant les terrains ayant un potentiel pour l'agriculture, mais grâce à la mise en place de terrasses et de cordons de pierres, elle a pu produire avec un bon rendement certaines céréales de base. Contrairement à Pambeguwa, c'est un système qui semble très ancien et qui dépend presque certainement d'un acquis social établi depuis longue date, c'est-à-dire une structure familiale caractérisée par une certaine cohésion.
  • L'aménagement de terrasses et l'exploitation de l'HRS nécessitent un travail intensif, mais ont l'avantage de demander un effort qui est réparti sur une plus grande partie de l'année. Le fait que ces techniques soient employées révèle également qu'il existe une cohésion durable au niveau des familles chez les Ngas, qui leur permet de mobiliser de la main d'oeuvre, et que, dans la région de Pambeguwa, l'émigration des agriculteurs est faible.
  • Ces deux systèmes paraissent être durables, assurer la sécurité alimentaire, et l'exploitation de l'HRS permet également d'avoir des rentrées d'argent conséquentes certaines années, ce qui a pour effet de limiter l'émigration rurale. Aucun de ces systèmes n'a bénéficié de l'intervention du gouvernement par le biais de projets de recherche ou de développement. Pourtant, ils ont suffisamment de potentiel pour pouvoir être adoptés dans beaucoup de régions, notamment l'exploitation de l'HRS qui pourrait être utilisée dans de nombreux systèmes agricoles de cette zone humide.
  • Lorsque les agriculteurs demandent une aide quelconque, ils veulent pratiquement toujours qu'on leur fournisse des engrais, malgré leur expérience malheureuse dans ce domaine, car ils ne peuvent y avoir accès que de manière sporadique et en outre, les prix sont instables et les produits ne sont pas toujours de bonne qualité. Ceci est la conséquence de mauvais conseils donnés par les vulgarisateurs depuis des années. Une recherche mieux adaptée aux conditions sur le terrain devrait plutôt se concentrer sur l'identification et l'essai de variétés de plantes résistantes au manque d'humidité ainsi que sur l'association des plantes cultivées avec des légumineuses permettant de conserver la fertilité des sols. La réintroduction de races naines de bétail de l'Afrique de l'ouest, lesquelles sont particulièrement bien adaptées aux conditions des zones de hautes collines, pourrait permettre aux agriculteurs de disposer de plus de fumier.
  • Bien que l'édification de terrasses soit une technique qui, au cours de ces dernières années, a été en pleine expansion, après une période recul pendant l'ère coloniale, il y a peu d'informations en ce qui concerne son importance économique ou même sa répartition territoriale. Les données recueillies à Pankshin pourraient être valorisées grâce à une étude se concentrant sur le renouvellement de l'agriculture dans les zones de collines.
Selbut R. Longta, Dr. A.C. Odunze, Dr. Ben. Ahmed